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Message non lu par Admin » dim. 19 août 2018 13:29

Source et Courant

Luang Poo Sim
Traduit par Jeanne Schut
dhammadelaforet.org

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Extrait des Enseignements sur le Dhamma de Luang Poo Sim.

C’est le moment de la méditation en position assise. Asseyez-vous jambes croisées. Placez la jambe droite sur la jambe gauche et la main droite sur la main gauche. Fermez les yeux et récitez silencieusement le mot « Bouddho » au rythme de votre respiration [Boud– sur l’inspiration et –dho sur l’expiration.] Concentrez votre esprit sur Bouddho. S’assoir en méditation est une manière essentielle de rendre hommage au Bouddha.

Le Bouddha a dit que toutes nos expériences antérieures, bonnes ou mauvaises, n’étaient plus, dans l’instant présent, que « des pensées du passé ». Alors, en cet instant, ne laissez pas de telles pensées agiter votre esprit. Laissez-les toutes aller. Concentrez votre esprit sur la récitation intérieure du mot Bouddho et laissez l’esprit s’apaiser dans l’instant présent, dans la réalité immédiate. C’est cet instant présent qui importe. Ce qui nous attend, bon ou mauvais, n’existe pas encore car, par définition, le futur se réfère à des choses qui ne se sont pas encore produites. Le méditant doit poser son esprit dans l’instant présent. Si une pensée fait surface, rappelez-vous simplement qu’il ne s’agit que d’une pensée du passé – ou d’une pensée du futur, selon le cas. Mais n’y ajoutez rien ! N’encouragez pas ces pensées. Mettez les bonnes pensées de côté pour l’instant et abandonnez complètement les mauvaises.


Assis comme nous le sommes en ce moment, notre corps est dans une position de détente. Notre cœur est habité par « ce qui sait » en nous et chacun de nous est conscient. Ce qui sait en cet instant, c’est notre véritable esprit. L’esprit conditionné rempli de pensées et de proliférations mentales est presque comme un démon. A travers lui, les phénomènes extérieurs ont tendance à devenir des préoccupations qui viennent entraver ou anéantir la méditation. Mais si le méditant s’enracine dans l’instant présent, il est en mesure d’utiliser les différentes techniques de méditation. Il peut, par exemple, développer la récitation intérieure ou encore focaliser son attention sur certaines parties du corps comme les cheveux, les poils, les ongles, les dents, la peau, la chair et les os. Quand, suite à cette contemplation, le méditant perçoit l’aspect repoussant du corps ou bien les éléments qui le constituent – la terre (la dureté), l’eau (la cohésion), le feu (la température) et l’air (les vibrations) – il s’agit bien de méditation. Quand l’esprit trouve la paix dans la récitation de Bouddho, c’est aussi de la méditation … et le méditant est l’esprit.


L’esprit lui-même n’a ni couleur, ni forme mais il a une énergie. Il est de notre devoir de lâcher, d’écarter l’esprit conditionné qui ne cesse de penser. Mais l’esprit qui a la connaissance de l’instant présent, celui qui se concentre sur le Bouddha, qui écoute le Dhamma et réfléchit à sa signification, cet esprit-là doit être clairement observé puis développé. Développer l’esprit, cela veut dire lui accorder soin et attention pour l’établir dans la paix. La paix arrive quand on va à l’encontre du courant des pensées tourné vers l’extérieur et que l’on pénètre dans la connaissance de l’instant présent.


L’esprit normal, non contenu, se laisse absorber par la conscience des pensées qui cherche la distraction. Allez à contre-courant en regardant la source de l’activité mentale : elle part de cette connaissance. La source de l’esprit dort en nous et, pourtant, cette connaissance n’a rien de substantiel ; elle n’a ni couleur ni forme comme en ont les objets matériels – c’est un élément sans forme. En termes des cinq agrégats, on dit qu’il y a :


rūpa : ce corps que nous avons ;
vedanā : le ressenti des objets comme étant agréables ou désagréables, confortables ou inconfortables ;
saññā : la connaissance basée sur la mémoire. Par exemple : ceci est un être humain, cela un animal ; ceci est rouge, cela est noir ;
sankhārā : l’activité mentale conditionnée et qui conditionne à son tour ;
viññāna : la capacité de reconnaissance conditionnée par l’activité mentale.


Les quatre agrégats sans forme que sont vedanā, saññā, sankhārā et viññāna apparaissent à l’intérieur même de « ce qui sait ». Le Bouddha nous a enseigné que, pendant la méditation en position assise et en marchant, nous devions faire converger « ce qui sait » en lui-même et ne pas lui permettre de se tourner vers l’extérieur. Penser à ce qui est bon et à ce qui est mauvais, c’est se préoccuper de questions extérieures – et c’est sans fin. Quand nous pensons et que nous reconnaissons, nous devons savoir qui est le penseur, qui est celui qui sait. Tous les mouvements partent de cette connaissance présente. Alors, ne vous laissez pas tromper par les différentes manifestations de l’esprit ; ce ne sont que des ombres qui s’envolent vers le passé et le futur, qui spéculent indéfiniment sur les choses que vous aimez et celles que vous n’aimez pas. Cette prolifération mentale est ce qui conditionne l’esprit.


Qu’est-ce qui, en nous, reconnaît le véritable esprit et qu’est-ce qui reconnaît l’esprit conditionné ? C’est toujours « ce qui sait », le même que ce qui entend le son de mes paroles et qui médite sur Bouddho. Comme il n’y a qu’une seule et même chose qui « sait », mobilisez vos énergies et prenez un engagement ferme : « Je ne vais pas me laisser piéger par les pensées. Je vais regrouper toute mon énergie mentale en ‘ce qui sait’ ». Ne pas permettre à l’esprit de s’évader, c’est le maintenir dans Bouddho. Par conséquent, tout ce que vous avez à faire, c’est maintenir la récitation de Bouddho.


« Bouddho » est le nom de Celui qui est Pleinement Eveillé et il mérite que l’on médite dessus. Le fait que nous soyons entrés en contact avec le bouddhisme, avec le Bouddha, le Dhamma et le Sangha, et que nous soyons venus pratiquer, est dû au Bouddha. C’est lui qui, après avoir réalisé l’Eveil suprême, a donné au monde les enseignements du Dhamma-Vinaya que nous appelons le bouddhisme. Les grands maîtres d’autrefois et les quatre assemblées de bouddhistes [moines, nonnes, hommes et femmes laïcs] ont perpétué l’étude et la pratique des enseignements jusqu’à ce jour. En Thaïlande, aujourd’hui, partout où nous allons, nous voyons des monastères, des moines et des novices, des hommes et des femmes laïcs qui observent les huit préceptes et des gens dans la société qui ont foi dans le bouddhisme et qui y puisent une inspiration. Tout cela, c’est grâce au Bouddha. Cela fait longtemps, plus de 2.500 ans, que le Bouddha est entré dans le nibbāna suprême, et pourtant le Dhamma et le Vinaya – les enseignements et le code de discipline monastique basé sur les 5, 8, 10 et 227 préceptes – sont encore là.


Nous nous remémorons les vertus du Bouddha de façon à pouvoir le prendre comme exemple dans notre pratique. D’où venait le Bouddha? Il venait de l’esprit qui avait pris la ferme résolution d’atteindre l’Eveil et de montrer la voie du nibbāna à tous les êtres. Dès l’instant où il prit cette résolution, quelle que fût la vie dans laquelle il renaissait, à chaque fois qu’il pratiquait des actes charitables, qu’il s’efforçait d’agir et de parler avec bonté ou qu’il pratiquait la méditation, sa motivation était toujours d’atteindre l’Eveil. Quand il naissait en tant qu’être humain, il accumulait la vertu et, finalement, la force de la bonté créée par sa pratique de dāna, sīla et bhāvanā [générosité, vertu et entraînement de l’esprit] menée jusqu’à la perfection fut assez puissante pour qu’il trouve l’Eveil. Aujourd’hui, en évoquant le Bouddha, nous prenons ses vertus comme objets de méditation.


Le mot « Bouddho » fait référence au Bouddha et celui qui récite Bouddho intérieurement, c’est simplement cet esprit. C’est simplement cet esprit qui répète Bouddho, qui connaît Bouddho, qui est conscient de la respiration et qui sait qu’en agissant ainsi il développe la vertu. Cet esprit a toujours été là. « Ce qui sait » est né dans le monde un nombre incalculable de fois mais l’ignorance et le désir l’ont submergé et nos dāna, sīla et bhāvanā étaient insuffisants pour nous libérer de la masse de souffrance qui parasite l’organisme humain. Nous devons donc mobiliser notre énergie avec une ferme résolution et nous enraciner pour cela dans le calme méditatif. Les principes qui nous permettront de sortir de ce monde et de sa masse de souffrance sont ceux de la méditation samatha (calme) et vipassanā (vision intérieure profonde). L’esprit doit être fermement focalisé sur un point, paisible, frais, et détendu dans samatha avant que vipassanā puisse être pratiqué. Si l’esprit est encore en mouvement, vagabond, ni paisible ni immobile ni concentré, il est impossible que la compréhension de la nature des choses se révèle.


Prenez comme exemple le fondateur de notre religion, le Bouddha pleinement éveillé par lui-même. Avant son Eveil, il pratiquait la méditation du calme en utilisant la respiration comme objet d’observation. Le jour de son Eveil, il pratiquait ainsi. A l’inspiration, il se concentrait intensément sur l’inspiration ; à l’expiration, il se concentrait intensément sur l’expiration. Toute agitation mentale, tout mouvement de l’esprit cessa, ne laissant place qu’à l’inspiration et l’expiration. L’esprit de celui qui allait devenir le Bouddha était intensément concentré sur la respiration jusqu’à ce que son esprit devienne parfaitement calme, frais et détendu, jusqu’à ce qu’il atteigne la stabilité de khanika-samādhi [calme momentané], d’upacara-samādhi [calme d’accès] et enfin la parfaite immobilité d’appana-samādhi [absorption méditative]. C’est seulement alors que vipassanā s’est manifesté : il a pu voir clairement que le corps et l’esprit sont impermanents, que tous les êtres et les phénomènes sont éphémères. Il a vu la souffrance inhérente au fait d’être né avec un corps et un esprit, et il a vu qu’il n’y avait pas de « soi » personnel. Il a compris que la perception d’un soi durable est basée sur une erreur de perception.


Pour avoir une claire vision de ces trois caractéristiques d’impermanence, de souffrance et de non-soi, l’esprit doit être immobile. C’est pourquoi faire l’effort d’amener l’esprit à un état de calme paisible et stable, et lui éviter d’être attiré par les formes, les sons, les odeurs, les saveurs, les sensations physiques et les phénomènes mentaux est l’essence des techniques de méditation ; c’est une chose que nous devons tous développer. Quand les yeux voient une forme, veillez à ne pas laisser l’esprit s’évader en maintenant la récitation intérieure de Bouddho. Veillez à ne pas vous laisser tromper quand vous entendez des sons : qu’ils soient beaux ou laids, ce ne sont que des phénomènes du monde. Maintenez la stabilité de l’esprit. Soyez conscient des odeurs plaisantes et déplaisantes qui entrent en contact avec votre nez et ne vous laissez pas tromper par elles. Quelle que soit la saveur d’un mets sur votre langue, restez détaché. Soyez impassible face aux différentes sensations physiques de chaud ou de froid, de dur ou de doux. Telle est la pratique suprême dans le bouddhisme. Alors, mobilisez vos énergies et posez votre esprit dans l’instant présent !


En général, l’esprit des méditants n’est pas unifié et paisible dans l’instant présent. Il vagabonde devant et derrière, il s’intéresse à des histoires qui concernent d’autres personnes et s’y attache, et il trouve plaisir et satisfaction à des états d’esprit agréables. Il est complètement piégé dans des préoccupations superficielles. Bien que l’esprit qui « sait simplement » soit déjà présent en nous, si nous ne lui donnons pas la première place grâce à la méditation, nous serons incapables de percevoir la vérité de la souffrance.


Quand la souffrance apparaît dans le corps, contemplez-la jusqu’à ce que l’esprit l’accepte pour ce qu’elle est. Quand une maladie physique se présente, l’esprit avide se saisit de l’idée que l’on est malade. En réalité, c’est l’élément terre qui ne va pas bien. Si l’esprit du méditant est stable et voit clairement les trois caractéristiques de l’existence, il considèrera simplement la maladie comme une question de déséquilibre dans les éléments. Il sait que l’esprit est sans forme et que, par conséquent, il ne peut être sujet à ce type de douleur.


C’est parce que l’on s’attache à l’idée d’un « soi » – à l’idée que ce corps appartient à « quelqu’un » – que la souffrance mentale apparaît. En fait, ce corps est simplement constitué d’éléments, et ce sont ces éléments qui sont malades. Ce sont les éléments de la terre, de l’eau, du feu et de l’air qui sont perturbés. Si on parvient à faire la part des choses de cette manière, l’esprit demeure en paix. Quoi qu’il advienne au corps physique, on ne s’y attache pas comme s’il nous appartenait. On voit qu’il s’agit simplement d’une question d’éléments, d’une question d’aniccam dukkham anatta – c’est la nature des choses. Ainsi « ce qui sait » dans le présent voit la réalité des choses clairement et en permanence. L’esprit est frais ; il ne brûle plus, il ne s’attache plus.


Imaginons que quelqu’un nous parle durement ou dise du mal de nous. Même s’il nous insulte ouvertement, si nous ne nous y attachons pas, tout s’arrête là – ce qui est apparu disparaît. Mais si « ce qui sait » ne voit pas les choses clairement, il va s’attacher à ce corps et à cet esprit comme étant siens, et si quelqu’un nous parle durement, nous nous mettrons en colère : « Ce n’est pas de ma faute ! » A cause de l’attachement, il y a « moi » et « mien ». C’est précisément cet attachement qui est la cause de la souffrance, de l’agitation, de la confusion et de la maladie.


Le Bouddha nous a appris à lâcher tout ce qui concerne le monde extérieur pendant que nous méditons. Quelle que soit la détresse physique ou mentale qui apparaît, ce n’est que la souffrance des agrégats ; alors ne permettez pas que « ce qui sait » en souffre. Méditez pour affaiblir les pollutions mentales que sont l’avidité, l’aversion et la vision erronée des choses, et continuez jusqu’à y mettre un terme définitif. Quand « ce qui sait » est encore dans l’erreur et s’attache à l’idée d’un soi, il reprend naissance. Il peut devenir un animal, un être humain, un être céleste, Indra ou un dieu Brahma mais, quoi qu’il devienne, il souffrira dans cet état. Tant que l’on s’attache aux éléments et aux agrégats, au nom et à la forme, et que l’on n’a pas conscience de la façon dont on peut se défaire des pollutions mentales, la souffrance règne dans le monde. On dit des cinq agrégats qu’ils sont « la souffrance du monde » car, quand on s’y attache comme étant « moi » et « miens », c’est justement là que la masse de souffrance apparaît. Nous sommes assis juste sur le monceau de souffrance, au milieu du feu de l’avidité, de l’aversion et de l’ignorance. Le feu embrase et brûle notre cœur en permanence.


Nous méditons en ce moment pour rassembler notre esprit en « ce qui sait », de façon à éteindre les feux qui brûlent notre cœur. Ne gardez pas en vous le feu de la colère. Lâchez-le. Il est inutile de vous mettre en colère contre qui que ce soit. Si vous ressentez de la jalousie ou de l’animosité envers quelqu’un, abandonnez-la. Ne permettez pas à l’esprit de se laisser aller à ces sentiments. Ainsi vous veillerez à la pureté de « ce qui sait » de jour comme de nuit et dans toutes les postures – assis, debout, en marchant ou couché. Ainsi vous ne vous attacherez pas au « moi » et au « mien ».

Les agrégats n’appartiennent à personne ; ce sont des phénomènes naturels du monde. Dès que « ce qui sait » prend naissance avec un nom et une forme, il a tendance à se saisir de ce nom et de cette forme comme lui étant personnels. Mais un nom et une forme peuvent-ils durer indéfiniment ? Si c’était le cas, personne ne mourrait, personne ne tomberait malade, personne n’aurait mal ou ne vieillirait parce que les agrégats feraient ce qu’on leur demanderait. C’est parce que les agrégats ne font pas ce qu’on leur demande que le Bouddha nous a appris à ne pas nous y attacher et à les voir clairement avec une sagesse pénétrante. Sans vision pénétrante de leur nature réelle, nous souffrons. Alors, ne tombez pas bêtement dans le piège de l’attachement ; c’est la souffrance du monde. Quand « ce qui sait » a lâché toute saisie, il est vacuité, il est en méditation, il est frais et détendu.


Toutes les différentes formes de confusion mentale viennent de notre compréhension erronée des choses. L’esprit agité se bat pour posséder ; il veut avoir, il veut être – en d’autres termes, il désire. Libérez votre esprit du désir et de l’attachement. Essayez d’éviter d’y accumuler quoi que ce soit. Faites en sorte que « ce qui sait » dans l’instant présent soit rayonnant et pur. Méditez. Enracinez fermement votre esprit. Rassemblez « ce qui sait » en lui-même et n’essayez pas de savoir ce qui se passe à l’extérieur. Que la connaissance intérieure habite votre cœur. Quelle que soit la position du corps, que « ce qui sait » soit conscient de lui-même à tout moment.


Si une mauvaise pensée apparaît, lâchez-la. Si une bonne pensée apparaît, développez-la. Ici, la bonne pensée que nous décidons de développer est exemplifiée par la répétition de Bouddho. Nous la développons ou nous nous concentrons dessus intérieurement pour que notre esprit soit paisible et heureux. Nous évitons toute agitation et inquiétude à propos des éléments et des agrégats, à propos du corps et de l’esprit des autres. Nous ne les laissons pas pénétrer en nous. Quand l’esprit est ainsi, paisible et heureux, on dit que « Bouddho » règne dans le cœur. Autrement dit, « ce qui sait » est présent et éveillé.


Pour obtenir un calme intérieur aussi ferme et durable, il faut aller à contre-courant et se tourner vers l’intérieur. Vous comprendrez alors la pratique du Dhamma avec l’attention et la sagesse qui sont présents dans le cœur. Si on ne va pas à contre-courant et que l’on ne se tourne pas vers l’intérieur, la recherche de la vertu à l’extérieur est sans fin. La vérité et la vertu ne se trouvent pas sous la terre ou la mer, pas plus que dans les cieux ni l’espace. Elles se trouvent dans notre bonne volonté, quand l’esprit fait l’effort d’abandonner le mal et de développer le bien. Quand l’esprit se retrouve là, il devient vaste, frais et détendu, il est établi dans la pratique du Dhamma. Assis, on est en méditation en posture assise ; debout on est en méditation en posture debout ; quand on marche, on est en méditation en marchant, et, couché, on est en méditation jusqu’au moment où on s’endort. Dès que nous nous réveillons, nous reprenons la récitation silencieuse de Bouddho, nous faisons de Bouddho le centre de notre attention. Où que l’esprit aille, nous ne le suivons pas. Nous abandonnons toutes les allées et venues du mental et nous nous posons pour demeurer dans le présent.


« Ce qui sait » est là, en nous ; tout le reste ne fait que passer. La vérité est en « ce qui sait ». Voyez clairement que, depuis notre naissance dans ce monde, « ce qui sait » a toujours été présent dans le corps. Où que nous allions, le corps y va aussi. « Ce qui sait » ne peut échapper au corps et à l’esprit. Il entraîne le corps ici et là. Quand nous nous asseyons, c’est le corps qui s’assoit et quand nous nous allongeons, c’est le corps qui s’allonge. C’est ainsi que « ce qui sait » est amené à croire qu’il est le nom et la forme et il s’y attache alors que ce ne sont que des réalités provisoires du monde. Comme il ne comprend pas comment il peut s’en extirper et les lâcher, les pollutions de l’avidité, de l’aversion et de la pensée erronée ne cessent de s’accumuler.


Alors, quand nous étudions le bouddhisme – que ce soit au travers du Dhamma ou de la discipline monastique – après avoir étudié, nous devons mettre ces enseignements en pratique. Nous devons fermement poser « ce qui sait » en lui-même. Nous devons garder l’esprit tourné vers l’intérieur, ne pas lui permettre de vagabonder ni laisser une vision erronée et brouillée des choses être attirée par les objets du monde matériel.


Prenez la ferme résolution de faire l’effort qu’il faudra pour cela. Aspirez à vous libérer des pollutions mentales. Avidité, aversion et ignorance de ce qui est sont toutes présentes dans l’esprit, alors faites l’effort de les abandonner ici-même. Soyez vigilant et veillez sur votre esprit dans cet instant présent. Récitez Bouddho ici-même. Posez-vous en « ce qui sait ». Quand nous avons ainsi établi la connaissance intérieure, quelle que soit notre position, nous sommes toujours en méditation. Assis ici, nous pouvons réciter Bouddho en silence sans être distraits, sans être trompés par l’extérieur. Nous avons été dupés par le monde extérieur pendant un nombre incalculable de vies. Ne le soyons plus à présent.


Référence : Access to Insight, 26 mai 2010.
Sources
dhammadelaforet.org
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